Si les congés payés sont effectifs pour l’ensemble des salariés depuis 1936, il en n’est pas de même concernant les départs en vacances. Les embouteillages massifs du « chassé-croisé » de fin juillet-début août masquent une triste réalité : des millions de personnes seules, de familles ou de personnes âgées restent toute l’année chez elles, faute de moyens de se mettre au vert, de découvrir d’autres territoires, de pratiquer de nouvelles activités de loisir, etc.

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Le droit aux congés ne signifie pas un droit aux vacances …
Il est déjà important de rétablir une vérité historique. Les 15 premiers jours de congés payés ont été conquis de haute lutte par la grève des travailleurs de l’époque car contrairement à une croyance populaire très ancrée, les congés payés ne faisaient pas partie du programme du Front Populaire.
A l’époque le gouvernement disposait d’un Ministre des Loisirs, Léo Lagrange qui créa une réduction spécifique de 40 % pour les billets de train SNCF ainsi que le développement des » Auberges de Jeunesse « .
Aujourd’hui, face aux orientations gouvernementales, un ministère des Loisirs ne parait plus envisageable, ni souhaité d’ailleurs par ces dernières, pourtant le travail n’y manquerait pas afin de faire bénéficier à toutes et tous d’un accès aux vacances et aux loisirs.
Dans la startup nation, pas de temps pour autre chose que le travail !
Les inégalités de revenus pèsent toujours sur les départs en vacances …
Sans surprise, ce sont les personnes avec les plus faibles revenus qui ont le plus de difficultés à partir en vacances au moins une semaine.
- 54 % des 20 % ayant les plus faibles revenus ne peuvent pas partir en vacances.
- Seulement 3 % des 20 % ayant les plus hauts revenus sont dans cette situation.
Les inégalités se creusent puisque la part de ceux qui disent ne pas avoir les moyens de partir parmi les 20 % les plus modestes sont 15 fois plus élevées que celles des 20 % les plus aisés. En 2004, le même rapport était de un à six.
En 2021, encore un enfant sur trois ne part pas vacances. Bon nombre de personnes âgées également ne peuvent pas partir en vacances faute de revenus suffisants ou de structures adaptées.
L’observatoire des inégalités estime que près de 40 % des français ne sont jamais partis en vacances. Selon le CREDOC, 82 % des cadres partent en vacances contre seulement 47 % des ouvriers.

Le monde associatif œuvre pour les » vacances pour tous » !
Le Secours Populaire Français se mobilise depuis de nombreuses années en faveur des » vacances pour tous » ! Depuis 1979, l’association organise les » Journées des Oubliés des Vacances » permettant à des milliers d’enfants chaque année de partir une journée à la mer, à la montagne, dans un zoo ou encore dans un parc d’attractions. Elle participe également avec d’autres acteurs tels que l’Association Nationale des Chèques Vacances (ANCV), la SNCF ou encore la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) pour ne citer qu’eux, à des projets de vacances à prix réduit afin de favoriser les départs en vacances.
Plus près de notre bassin de vie, l’association SNI (Solidarité Nationale et Internationale) organise aussi des » séjours vacances « .
L’engagement de certaines collectivités …
Certaines collectivités ont également fait le choix des » vacances pour tous » sous plusieurs formes :
- Des partenariats avec le Secours Populaire comme de nombreuses communes de régions parisiennes (La Courneuve par exemple).
- L’achat de Maison de Vacances ou de Village de Vacances, c’était le cas à Blénod les Pont à Mousson jusqu’en 2003 avec la résidence de Sanary sur Mer.
- Le développement de séjour de vacances avec certains dispositifs dont » Séniors en Vacances « .
- Des aides au premier départ, par exemple la Ville de Blénod les Pont à Mousson aide à hauteur de 100 € sous certaines conditions.
En 2021, près de 11 millions de personnes sont exclues des vacances et même d’une seule journée de loisirs, de culture, de repos, en dehors de la maison.
Des solutions existent pour que, quelque soit leur revenu, chaque personne puisse bénéficier d’au moins une journée de repos, de détente, de loisir… reste à mettre en œuvre la volonté politique.

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