L’édition 2022 de la « Mousson du Rire » vient de prendre fin avec les spectacles de Booder et d’Olivier de Benoist. Deux artistes d’envergure nationale, qui viennent s’additionner aux humoristes venus lors des vendredis du rire, Willy Rovelli, Magali Ripoll pour ne citer qu’eux. Et pour cette édition, l’honneur est sauf, nous avons échappé à Jean-Marie Bigard.
Cela peut paraître nouveau pour certains, mais il s’agit d’un retour à une tradition bellédonienne. Oui, bien avant 2022, des artistes connus venaient déjà à Blénod !
Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître …
Depuis les années 80, de nombreux artistes de renom sont passés par notre commune. A l’époque la programmation et l’organisation des spectacles étaient assurées par le Comité des Fêtes.
Ainsi les Bellédoniens ont pu voir au cours des années 80 et 90, Léo Ferré, Pierre Bachelet, Catherine Lara, Pierre Perret, Bernard Lavilliers, Charles Trenet, Guy Bedos et tant d’autres.








Ces extraits de bulletins municipaux et coupures de presse nous montre qu’à différentes époques les artistes, y compris de très connus, venaient déjà à Blénod, au Centre Picasso, à la salle du Moulin devenue par la suite le Centre Michel Bertelle.
Une politique tarifaire adaptée …
Une des différences entre ces années et les spectacles plus récents est sans aucun doute la politique tarifaire.
En relisant les différents articles, nous pouvons constater le plus souvent la présence de 3 tarifs notamment un tarif enfant ou un tarif Comité d’entreprise.
Ainsi en 1987 par exemple pour aller voir Isabelle Aubrey ou Catherine Lara, la place était à 50 francs (1 % du Smic de l’époque). Dernièrement, pour la « Mousson du Rire », la place est au tarif unique de 32 € (2 % du SMIC). Un exemple supplémentaire pour ceux qui se demandent : « quelle est la différence entre le public et le privé » ou plus largement le secteur marchand et non-marchand ? La différence c’est le double !
Le droit au « beau » pour tous !
Après la satisfaction des besoins élémentaires (se nourrir, boire, se loger, travailler, se déplacer etc…), l’accès à la culture est essentiel. La culture permet le partage, l’échange, la réflexion, l’ouverture d’esprit, elle permet également d’oublier, le temps d’un spectacle, d’une lecture, d’une chanson etc … , les tracas du quotidien.
La Culture est vectrice d’émancipation par l’esprit. Son accès doit être le plus large possible en ne laissant personne au bord du chemin.
Pour ma part, la culture doit être sortie du « marché » avec une intervention publique à tous les niveaux (de l’Etat aux communes) pour en démocratiser l’accès. Les ressources financières d’un foyer ne devraient pas être le critère de choix.
Alors est-ce que c’était mieux avant ?
D’une manière générale, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que c’était mieux avant. Si l’on regarde bien, ce n’était pas mieux avant, c’était différent.
Prenons notre exemple de la culture, aujourd’hui la majeure partie de la programmation reste municipale.
En ce qui concerne les évènements ou faire venir des artistes connus, dans les années 80/90, le choix des artistes, des tarifs étaient décidés par le Comité des Fêtes (très largement subventionné par la municipalité), aujourd’hui c’est un producteur qui organise ses spectacles sur Blénod, c’est donc très différent. Les moyens financiers de la commune ne sont pas les mêmes entre ces deux époques.
Si l’accès à une Culture Populaire pour tous reste un objectif de la municipalité, le moyen pour y parvenir est également très différent que par le passé.
Le choix politique de gérer directement la culture ou de la « sous-traiter » en partie à un prestataire du secteur marchand à des conséquences sur l’atteinte ou non de l’objectif politique.
Que l’on se comprenne bien, le but d’un acteur du secteur marchand reste de dégager de la marge et un bénéfice financier. Pour un acteur public ou du secteur non marchand, l’équilibre financier n’est pas l’objectif premier ce qui laisse de la latitude pour gagner l’accès à la culture pour tous, notamment avec une politique tarifaire adaptée.

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