Pénurie d’animateurs dans les centres d’accueil et les colonies de vacances.

C’est un problème récurrent mais qui semble s’accentuer chaque année : la difficulté de recruter des animateurs. Certaines communes n’ont pas pu ouvrir leur centre ou ont du en limiter l’accès, certains séjours ont également été annulés.

La préparation des grandes vacances n’a pas été de tout repos dans certaines communes, la carence d’animateur oblige les organisateurs, très souvent des associations ou des communes, à réduire le nombre de places disponibles et même dans certains cas, fermer les centres.

Cette situation est constatée dans un récent rapport du Conseil d’Orientation des Politiques de Jeunesse (COJ). Bien évidement, deux ans de crises sanitaires avec des confinements des annulations, plus de 50 % des séjours en 2020.

 » Trouver du personnel qualifié est aujourd’hui un vrai casse-tête  » témoignent de nombreux Maires ou responsables de structures, ce qui explique en partie l’essoufflement de ces activités estivales.  Cependant, ce n’est pas la seule explication.

Formation contraignante et précarité du métier !

La pandémie de Covid-19 a chamboulé de nombreux secteurs d’activité. Celui de l’animation n’a pas été épargné. Comme dans de nombreux métiers, les formations des animateurs ont été interrompues ou reportées durant la crise. Par le fait, il y a moins d’animateurs formés. 

La formation pour obtenir le BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur) se déroule en trois temps :

  • Une formation générale de 9 jours.
  • Un stage de 14 jours dans une structure d’accueil.
  • Un stage d’approfondissement de 6 jours.
Photo de Kampus Production sur Pexels.com

Pour qu’une structure puisse fonctionner, il faut au moins 50 % d’animateurs titulaires du brevet ou d’un diplôme, titre ou certification figurant dans un arrêté du 9 février 2007. Si des demandes de dérogation sont possibles pour faire travailler davantage d’animateurs sans diplômes, les capacités d’accueil sont tout de même véritablement impactées. Tout est ralenti, revu à la baisse, et certaines communes ne peuvent parfois pas du tout proposer aux familles un accueil sur leur territoire. 

La crise sanitaire a aussi donné un coup de projecteur sur la difficulté du métier, comme elle l’a fait avec les métiers du secteur de la restauration ou de l’hôtellerie par exemple. Sans compter que le salaire est souvent peu attractif et le métier peu valorisé.*

Aujourd’hui et à juste titre, il y a de moins en moins de monde disponible pour travailler 50 heures par semaines, avec de vraies responsabilités pour un salaire de misère.

Les communes doivent utiliser le système D !

L’Association des Maires l’a constaté, certaines communes n’ont pas pu ouvrir leurs accueils d’été, d’autres ont été forcées de trouver des solutions dites intermédiaires avec par exemple une fermeture un jour dans la semaine. D’autres communes ont fait des regroupements.

Mais ce ne sont que des solutions temporaires qui ne sont pas sans entraîner d’autres difficultés telles que le transport en cas de regroupement ou encore la garde des enfants pour les parents qui travaillent en cas de fermeture dans la semaine.

Photo de Lukas sur Pexels.com

Redonner du sens au métier !

Pour réattirer du monde dans les métiers de l’animation, plusieurs doivent être entreprises :

  • Sortir de la précarité et des temps partiels imposés, cela passe par des titularisations dans la fonction publique et l’embauche en CDI dans le milieu associatif.
  • Améliorer les conditions de travail des animateurs en respectant les taux d’encadrement, en arrêtant les mesures dérogatoires sur le temps de travail et les coupures multiples.
  • Revaloriser les métiers de l’animation, cela passe par des augmentations de salaire tant dans le secteur privé que dans le secteur public.
  • Donner du sens au métier en reconnaissant la technicité, les qualifications et surtout l’utilité sociale du secteur de l’animation.
  • Donner des moyens pour s’accomplir dans son travail, cela passe par des projets pédagogiques ambitieux et novateurs avec de réels budgets pour les réaliser.

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