Et si nous parlions des retraites … (4/5)

Rarement abordé lorsque l’on parle des retraites, les inégalités salariales entre les femmes et les hommes déjà très visible lorsque l’on est en activité sont encore plus visibles à la retraite.

Toutes les études le prouvent, en ce qui concerne la retraite, les femmes font face à des inégalités importantes. Plusieurs éléments expliquent cette situation. D’abord, les femmes gagnent moins que les hommes, en moyenne l’écart est 26 %.

Ensuite, elles subissent ce que l’on appelle  » les effets du plancher collant « , expression imagée qui illustre les effets du temps partiel, de la précarité qui sont plus souvent subis par les femmes, mais aussi la théorie du  » plafond de verre  » car elles n’accèdent pas aux emplois les plus rémunérés ou n’ont pas de vrais déroulement de carrière etc …

À ces inégalités au travail viennent s’ajouter les contraintes familiales, qui continuent à les pénaliser davantage : à l’arrivée d’un enfant, une femme sur deux réduit ou interrompt son activité professionnelle, pour un homme sur neuf !

Photo de Kampus Production sur Pexels.com

Bien évidemment, on retrouve toutes ces inégalités décuplées à la retraite ! Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), démontre que la pension de droit direct (y compris la majoration pour trois enfants) en 2020 était de 1 154 euros pour les femmes et de 1 931 euros pour les hommes, soit un écart de 40 % ! Avec les pensions de réversion qui bénéficient à une majorité de femmes et qui sont régulièrement menacées, l’écart est ramené à 28 %…

Le projet de réforme actuel, visant à reculer l’âge de départ à la retraite à 64 ans, puis à 65 ans, pénaliserait aussi tout particulièrement les femmes. Parce qu’elles partent déjà en moyenne plus tard que les hommes ; parce qu’une femme sur cinq attend 67 ans pour échapper à la décote contre un homme sur douze. Et cela n’empêche pas 40 % des femmes pour 32 % des hommes de partir avec une carrière incomplète…

Reculer l’âge de la retraite pénalisera bien davantage les catégories les plus modestes, dont l’espérance de vie en bonne santé est plus faible. Cela concerne les ouvriers par rapport aux cadres, mais aussi certaines catégories de femmes, notamment celles qui travaillent dans le domaine de la santé : l’espérance de vie d’une infirmière est de sept ans inférieure à celle de la moyenne des femmes ; 20 % des infirmières et 30 % des aides-soignantes partent à la retraite en incapacité.

Il faudra donc porter un regard plus que vigilant sur les propositions de cette nouvelle réforme, pour veiller notamment à ce que la situation des femmes face à la retraite ne se dégrade pas une fois de plus …

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