Charity business !

Le « cri d’alarme » lancé par les Restos du cœur la semaine dernière a créé un émoi, tout à fait légitime dans la population. Être obligé de réduire les quantités ou pire encore réduire le nombre de bénéficiaires sont des dilemmes auxquels est confronté l’ensemble des associations d’aide alimentaire.

Pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre la situation : explosion du nombre de bénéficiaires couplée à la diminution des moyens aux associations et une inflation qui réduit également les possibilités de dons des particuliers, un cocktail explosif pour les « Restos » et plus largement les associations caritatives.

Cette situation illustre parfaitement les choix politiques du gouvernement. Les associations n’arrivent plus à faire face au flux de personnes en besoin d’aide alimentaire. Pour les Restos du cœur par exemple, 170 millions de repas ont été distribués cette année contre 142 millions l’année dernière, et nous n’en sommes qu’au 9ème mois de l’année.

A ce rythme là, l’association devrait mettre « la clé sous la porte » d’ici trois ans et d’ores et déjà, elle doit durcir ses critères et ayant pour conséquence d’exclure 150 000 bénéficiaires.

Selon une étude du Crédoc du mois de mai, 16 % de la population française ne mange pas à sa faim, ce chiffre était de 12 % l’année dernière. Les raisons sont connues :

  • Une inflation record avec un gouvernement qui se refuse à bloquer les prix, se contentant de demander aux distributeurs de faire un effort.
  • La précarisation du travail avec la multiplication des temps partiels subis, des CDD, de l’intérim, mais aussi les conséquences de la réforme de l’assurance chômage et le durcissement des conditions d’attribution du RSA.

Face à la stupéfaction générale, la Ministre des Solidarités, Aurore Bergé est accourue au journal de 20h pour annoncer une rallonge de 15 millions d’euros pour les « Restos », seulement voilà, si on en croit le Président de l’association 10 millions devaient déjà être versés !

Au lendemain des annonces d’Aurore Bergé, dans sa grande bonté, Bernard Arnault, la première fortune du monde selon la magazine Forbes, annonçait un don de 10 millions d’euros.

« Ne crachons pas dans la soupe », les 10 millions de Bernard seront les bienvenus compte tenu de la situation.

Certes, comme chacun d’entre nous, il aurait pu faire un don sans en faire la publicité. Et puis sa quantité de fortune accumulée s’élève à 211 milliards de dollars faisant presque passé la seconde fortune mondiale, Elon Musk et ses 180 milliards de dollars pour un nécessiteux.

Il faut tout de même remettre la « mairie au milieu du village », 10 millions ce n’est pas grand chose pour celui qui gagne 75 millions par jour, soit 50 000 € à la minute, environ 860 € à la seconde.

« Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée« 

Cette citation de Victor Hugo illustre parfaitement l’enjeu du moment !

Nous ne voulons pas la charité, nous voulons l’égalité, nous ne voulons pas l’aumône, nous voulons la justice.

Et commençons par la justice fiscale et mettons en place un impôt spécifique sur les « ultra riches », ceux qui accumulent tellement qu’ils n’auront jamais assez de toute leur vie pour tout dépenser et qui ont mis à l’abris leur famille sur au moins 10 générations.

Oui si nous mettions en place cet impôt ou cette taxe, nous disposerions des moyens pour agir réellement sur la pauvreté, mais pas que ! Accessoirement nous ne dépendrions pas du « bon vouloir » de Bernard ou d’un autre.

Justice fiscale oui, mais justice sociale aussi ! Cette situation démontre la nécessité impérieuse d’augmenter les salaires et de vivre dignement de son travail. C’est souvent la pression effectuée sur les salaires par les dirigeants des grandes entreprises, qui leurs assurent de toujours plus « juteux » dividendes.

D’ailleurs, ces « ultra riches » seraient bien inspirés de partager, surtout si ils veulent que rien ne changent pour eux, car comme le disait Victor Hugo, toujours lui, « la misère chargée d’une idée est le plus redoutable des engins révolutionnaires ».

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