D’après une étude publiée par le Conseil d’analyse économique (CAE), 80% des Français considèrent le changement climatique comme un problème important et 75% d’entre eux attendent des mesures ambitieuses en la matière. Cependant, ils émettent deux conditions : qu’elles soient efficaces sur le plan environnemental et qu’elles aient un effet redistributif vers les ménages les plus vulnérables. Ce n’est pas une surprise, l’écologie punitive ou faisant peser les contraintes toujours sur les mêmes, ça ne fonctionne pas et ça ne récolte pas l’adhésion populaire pourtant indispensable !
Plus on est riche, plus on pollue !
D’après une enquête de l’ONG Oxfam, 63 milliardaires polluent autant que 50 % de la population française. Avec au moins 152 millions de tonnes équivalent CO2 en une année, le patrimoine financier de ces 63 milliardaires émet autant que le Danemark, la Finlande et la Suède réunis.
Trois milliardaires français émettent, via leur patrimoine financier, plus qu’un cinquième des Français.
À elle seule, la famille Mulliez (Auchan) émet autant que 11 % des ménages français, soit plus que tous les habitants d’une région comme la Nouvelle Aquitaine.
Pourtant, la question du partage de l’effort dans la transition écologique n’est toujours pas sur la table des discussions !
Les détails de l’enquête du CAE :
Pour quatre personnes interrogées sur cinq, le changement climatique est un problème important et même si la majorité pense qu’il ne les affectera personnellement que modérément, trois répondants sur quatre estiment que la France doit prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène.
» Les répondants se disent prêts à adopter certains comportements décarbonés, à partir du moment où ceux-ci représentent un substitut valable pour leurs modes de vie habituels « .
45% se disent largement prêts à adopter un véhicule électrique ou économe en énergie, par exemple.
« Ainsi, plutôt qu’une limitation de leurs déplacements en voiture, les Français interrogés privilégient un changement d’équipement « .
Il est vrai que l’absence d’alternatives au transport individuel carboné apparaît comme un frein important : seuls 46% des répondants déclarent bénéficier d’une » bonne » disponibilité de transports publics là où ils vivent, alors que 9 sur 10 indiquent utiliser la voiture ou la moto dans leur vie quotidienne. »
Comparées aux pays à hauts revenus, les dispositions des Français à changer leurs modes de vie sont proches de la moyenne, même si les Français sont les plus réticents à l’adoption d’un véhicule moins polluant.
Ainsi, « six répondants sur dix considèrent comme » très important » que les plus riches changent aussi leur comportement pour qu’eux-mêmes soient disposés à changer le leur. Il importe aussi que leur entourage change également de comportement, d’obtenir un soutien financier suffisant, ou de voir mettre en œuvre des politiques climatiques ambitieuses ».

Acceptabilité de la taxation carbone : tout dépend du fléchage des recettes.
Sur la base de cette enquête, le Conseil d’Analyse Economique propose plusieurs pistes de mesures. Il recommande d’établir un système d’enquêtes en continu pour mieux comprendre et suivre les considérations des citoyens sur le modèle de l’enquête de l’ADEME.
Le CAE propose de donner aux citoyens plus d’informations sur le fonctionnement et les effets des politiques climatiques. Cette mission pourrait être confiée au Haut Conseil pour le climat (HCC) avec bien évidemment des moyens renforcés. Des simulateurs simples et interactifs pourraient aussi être offerts aux citoyens afin qu’ils puissent estimer l’effet des réformes proposées sur leur propre ménage. Un peu comme le simulateur d’Oxfam.
A court terme, le CAE estime que la priorité doit être le renforcement des programmes permettant d’offrir à chacun des alternatives aux énergies fossiles et ce, « en amont de toute future hausse de la tarification carbone ».
Cela passe par l’augmentation des aides à destination des ménages vulnérables (rénovation énergétique des bâtiments et de ‘MaPrimeRénov’ pour favoriser les rénovations globales, investissements en équipements tels que les chaudières de nouvelle génération, véhicules électriques) et par l’accélération des investissements publics dans les infrastructures bas carbone (transports en commun, réseau ferroviaire, pistes cyclables, bornes de recharge pour véhicules électriques).
La priorité doit être donnée aux mesures de compensation ciblant les ménages les plus vulnérables !
Le CAE estime qu’à l’avenir, lorsque la tarification carbone aura augmenté, il faudrait s’engager à utiliser intégralement les nouvelles recettes liées à cette tarification pour financer des infrastructures et équipements bas carbone ainsi que pour compenser les ménages vulnérables via des transferts monétaires.
Le soutien à la taxe carbone passe de 31% sans affectation des recettes à 54% lorsque ses recettes financent une compensation pour les ménages dépendants aux énergies fossiles et à 55% lorsqu’elles financent un versement pour les ménages les plus modestes.

Pour les protéger face aux prix élevés des énergies fossiles, la régulation par les prix (remise générale sur le prix de l’essence, gel du prix du gaz) n’est pas le bon instrument, car elle profite avant tout aux plus riches (qui consomment davantage d’énergie).
Enfin, le CAE alerte sur les » limites » du principe payeur pollueur. L’enquête montre que la majorité de la population n’est pas prête à adopter un mode de vie compatible avec une baisse radicale des émissions si les plus aisés ne font pas de même.
Les répondants ne sont pas seulement inquiets des effets redistributifs des politiques climatiques, mais expriment également des réticences très fortes face à la perspective que les plus riches puissent conserver certaines activités qui seraient rendues inabordables pour les classes moyennes.
Ainsi, une large majorité des répondants préfère une interdiction pure et simple des voitures thermiques plutôt qu’un fort malus à l’achat d’une telle voiture. »
Ces résultats suggèrent d’éviter que certaines mesures laissent la possibilité aux plus riches de payer pour polluer. Ainsi, par exemple, dans le futur règlement sur les normes d’émissions de CO₂ qui vise un objectif de zéro émission pour les véhicules neufs dès 2035, il pourrait être préférable, pour être en phase avec l’opinion publique, de remplacer le malus pour émissions excédentaires par une interdiction de produire des véhicules thermiques à partir de cette date.
La sècheresse actuelle doit nous faire réfléchir et surtout agir face aux dérèglements climatiques. Cependant, ne nous trompons pas ! Avant de faire la leçon à tous le monde sur le fait qu’il faut manger moins de viande par exemple pour préserver la ressource en eau, allant même jusqu’à nous expliquer qu’il faut 15 000 litres d’eau pour obtenir 1kg de bœuf, peut être devrions nous intéresser aux piscines individuelles et se poser la question du pourquoi paie-t-on le même prix au m3 pour l’eau de piscine que l’eau pour faire chauffer les pâtes ! Peut-être qu’il ne faut plus manger de pâtes …
En sachant qu’il y a en moyenne 30 % de fuites sur le réseau d’eau potable en France, il y a peut être aussi quelque chose à faire et sans doute de plus efficace que de culpabiliser tout le monde.

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