Lors du dernier conseil communautaire, nous étions amenés à nous prononcer sur le renouvellement de la prime d’équipement pour le remplacement d’un appareil électroménager.

Soyons clairs : ce dispositif fonctionne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2021 et 2024, 436 aides ont été attribuées, représentant environ 70 000 € de soutien direct aux habitants et près de 250 000 € de chiffre d’affaires pour les commerçants locaux.
C’est donc un outil utile, à la fois pour le pouvoir d’achat et pour l’économie de proximité.

Mais justement, parce qu’il fonctionne, il mérite aujourd’hui d’être amélioré.

Une aide encore trop uniforme

Aujourd’hui, l’aide est identique pour tous. Or, chacun le sait, les situations sont très différentes selon les foyers. Dans les faits, ce sont les ménages les plus modestes qui rencontrent le plus de difficultés à remplacer leurs équipements, souvent anciens et énergivores.

Et cette réalité est bien présente sur notre territoire. Le niveau de vie médian des habitants de la CCBPAM reste modeste, avec un revenu disponible médian autour de 20 000 € par an par habitant. Cela signifie concrètement que pour beaucoup de familles, un investissement de plusieurs centaines d’euros reste difficile à assumer.

Le dispositif actuel présente aussi une limite importante : il crée un effet de seuil. Le reste à charge peut rester élevé, ce qui freine l’accès à la prime, notamment pour celles et ceux qui en auraient le plus besoin.

Introduire plus de justice sociale

C’est pourquoi nous proposons une évolution simple et de bon sens : moduler l’aide en fonction du quotient familial.

L’objectif n’est pas d’exclure, mais au contraire de faire mieux.
Mieux cibler. Mieux accompagner.

Avec ce principe :

  • on conserve l’universalité : tout le monde peut continuer à bénéficier de la prime,
  • on introduit de l’équité : en aidant davantage celles et ceux qui en ont réellement besoin.

C’est une manière concrète de rendre l’action publique plus juste et plus efficace.

Penser aussi à l’écologie populaire

Cette évolution pourrait également s’inscrire dans une réflexion plus large. À l’heure où les enjeux écologiques s’imposent à tous, il serait pertinent d’ouvrir le dispositif au réemploi et au reconditionné.

C’est une piste intéressante pour concilier pouvoir d’achat et réduction des déchets, tout en soutenant des filières locales souvent porteuses d’emplois.

Un dispositif à faire évoluer

Ce dispositif existe depuis plusieurs années et il est régulièrement suivi. Pourtant, dans les faits, son règlement reste pratiquement inchangé depuis 2020.

Il est donc temps de franchir une nouvelle étape.

Non pas pour remettre en cause ce qui fonctionne, mais pour l’adapter aux réalités sociales d’aujourd’hui.
Non pas pour exclure, mais pour mieux protéger et mieux accompagner.

Parce que derrière une prime, il y a une réalité simple : celle de familles qui doivent choisir, parfois, entre remplacer un équipement essentiel ou boucler leur fin de mois.

Et c’est bien là que l’action publique doit être au rendez-vous.

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