L’entrée en matière humoristique est faite à dessein car comme le disait le regretté Pierre Desproges : » L’humour, c’est le droit d’être imprudent, d’avoir le courage de déplaire, la permission absolue d’être imprudent « .
Redevenons sérieux, réveillons les « endormis », éclairons la lanterne de Jonathan Richier pour qui, selon ce qu’il a publié sur les Réseaux Sociaux, les raisons de l’abstention seraient floues et pour ceux que ça intéresse une explication de vote.
D’ailleurs, en démocratie, quoi de plus normal pour les élus d’expliquer leur vote !
𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗷𝗲 𝗺𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗮𝗯𝘀𝘁𝗲𝗻𝘂 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗣𝗿𝗶𝗺𝗲 𝗱'𝗲́𝗾𝘂𝗶𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲́𝗻𝗲𝗿𝗴𝗶𝗲 ?
Tout d’abord, et il est important de le dire, cette prime n’est pas forcément une mauvaise idée. Elle est même plutôt bonne, mais méritait d’être améliorée.
𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗼𝗻𝘁 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗲́𝗹𝘂𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝘂𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗻𝘁 Bernard Bertelle, 𝗺𝗮𝗶𝗿𝗲 Blénod les Pont à Mousson.
Ensuite, il est utile de rappeler le contenu de la délibération, ce qui n’est pas écrit dans l’article du journal. Article dans lequel en forçant à peine le trait, 21 « empêcheurs de tourner en rond » refusent l’attribution d’une prime de 200 € aux habitants du bassin.
Voici les conditions cumulatives pour bénéficier de cette #prime :
Être résident de la Communauté de Communes du Bassin de Pont-à-Mousson (sans condition de ressources).
L’aide ne concernera que les équipements suivants, dont l’étiquette énergie est A+++ ou A++ : réfrigérateur, congélateur et combiné, four, machine à laver.
L’achat devra permettre de remplacer un appareil dont l’étiquette énergie est inférieure à A.
L’aide sera assujettie à la participation du bénéficiaire à un atelier de sensibilisation à la maîtrise de l’énergie (prestataire : Lorraine Energie Renouvelable).
L’aide ne pourra être demandée que pour un seul équipement par foyer sur une période de 3 ans.
Autre précision, l’aide versée par la Communauté de Communes du Bassin de Pont à Mousson serait de 30 % du prix d’achat TTC (remises comprises) avec un plafonnement de 200 €.
En regardant de plus près le règlement d’attribution, nous apprenons que :
Pour bénéficier de la prime, les habitants doivent faire l’acquisition d’un appareil électroménager neuf contre la reprise d’un appareil en sa possession de même type.
L’acquisition du matériel doit être effectuée auprès d’un commerçant professionnel situé sur le territoire de la Communauté de Communes du Bassin de Pont-à-Mousson (adresse indiquée sur la facture d’achat).
𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗰̧𝗮, 𝗺𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲𝗻𝗮𝗻𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗼𝗻𝘀.
𝘼𝙡𝙤𝙧𝙨 𝙦𝙪𝙚𝙡𝙡𝙚𝙨 𝙨𝙤𝙣𝙩 𝙡𝙚𝙨 𝙧𝙖𝙞𝙨𝙤𝙣𝙨 𝙙𝙚 𝙢𝙤𝙣 𝙖𝙗𝙨𝙩𝙚𝙣𝙩𝙞𝙤𝙣 ?
La première est écologique, en effet rien ne précise dans la délibération que l’appareil remplacé doit être hors service ou au moins une durée minimale d’utilisation, par exemple des appareils de plus de cinq ans ou dix ans.
𝗔𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲, 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗻’𝗲𝗺𝗽𝗲̂𝗰𝗵𝗲𝗿𝗮 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗮𝗽𝗽𝗮𝗿𝗲𝗶𝗹 𝗲𝗻 𝗽𝗮𝗿𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗲́𝘁𝗮𝘁 𝗱𝗲 𝗳𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁.
Toujours sur le plan écologique, l’obligation d’acheter un appareil neuf exclu de fait, les appareils reconditionnés ou de “seconde main” achetés chez un professionnel. Les recycleries, les associations d’insertions telle que “ENVIE” qui reconditionnent de l’électroménager sont donc exclues de cette #prime.
𝗟𝗮 𝗺𝗮𝗷𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝘂𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝘂𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗱𝘂 𝘀𝗲𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗮𝗻𝗱 𝗲𝗻 𝗲́𝗰𝗮𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗺𝗽 𝗱𝗲 𝗹’𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗲 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮𝗶𝗿𝗲.
La seconde raison est sociale.
𝗝𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘀 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗶𝗱𝗲̀𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗼𝗻 𝘃𝗲𝘂𝘁 𝗮𝗴𝗶𝗿 𝘀𝘂𝗿 𝗹’𝗮𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹, 𝗼𝗻 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝘆 𝗮𝗷𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲𝘀.
Quand tel n’est pas le cas, nous tombons soit dans l’écologie punitive, soit nous faisons de la préservation de notre bien commun qu’est l’environnement un enjeu de lutte des classes.
Certains ayant les moyens financiers de vivre dans des logements à énergie positive, de se payer des véhicules propres, de manger “bio” et dans le cas qui nous concerne, remplacer l’électroménager. Les autres, les moins fortunés, devant se contenter des “passoirs thermiques”, des vieux diesels, de la nourriture industrielle et des appareils énergivores et le tout en étant culpabilisés par les premiers !
Malheureusement, une prime unique de 200 € sans conditions de ressources ne répond pas à la problématique sociale pour plusieurs raisons surtout que seulement 30 % de l’achat est subventionnable.
𝗘𝗻 𝗱’𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗲, 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗯𝗲́𝗻𝗲́𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗶𝗺𝗲 𝗺𝗮𝘅𝗶𝗺𝗮𝗹𝗲 (𝟮𝟬𝟬 €), 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗮𝗰𝗵𝗮𝘁 𝗱’𝗮𝘂 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝟲𝟲𝟲,𝟲𝟳 €.
Dans ces ordres de prix, les bénéficiaires des minima sociaux sont de fait exclus du dispositif. Pour mémoire, le RSA pour une personne seule est de 550,93 €, l’allocation veuvage de 707,47 €, l’allocation adulte handicapé de 819 € et le minimum vieillesse de 833,20 €.
Le salarié au SMIC à 1 219 € net ou l’infirmière de l’hôpital public dont certains ont découvert récemment qu’elle ne percevait parfois moins de 1 600 € par mois ne bénéficieront pas non plus de cette mesure, compte tenu du “reste à payer” qui pèsera probablement trop lourd sur le budget mensuel.
Quant aux revenus les plus confortables, 6 000 ou 10 000 € par mois, ils auront les moyens d’acheter de l’électroménager moins énergivore, mais objectivement, ont-ils besoin d’une prime de 200 € ?
Pour répondre à l’enjeu social, cette prime aurait dû être assujettie à des conditions de ressources et nous aurions pu imaginer un pourcentage de subventionnement progressif en fonction des ressources (moins on a de ressources, plus le pourcentage du montant l’achat est assujettie à la prime est important).
𝘼𝙡𝙤𝙧𝙨 𝙤𝙪𝙞, 𝙘𝙚𝙩𝙩𝙚 𝙥𝙧𝙞𝙢𝙚 𝙚𝙨𝙩 𝙪𝙣𝙚 𝙗𝙤𝙣𝙣𝙚 𝙞𝙙𝙚́𝙚 𝙦𝙪𝙞 𝙖𝙪𝙧𝙖𝙞𝙩 𝙥𝙪 𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙧𝙚𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚́𝙚 𝙖𝙛𝙞𝙣 𝙙𝙚 𝙧𝙚́𝙥𝙤𝙣𝙙𝙧𝙚 𝙥𝙡𝙚𝙞𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙖̀ 𝙡’𝙤𝙗𝙟𝙚𝙘𝙩𝙞𝙛 𝙞𝙣𝙞𝙩𝙞𝙖𝙡, 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙣’𝙚́𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙥𝙖𝙨 𝙖̀ 𝙙𝙚𝙪𝙭 𝙢𝙤𝙞𝙨 𝙥𝙧𝙚̀𝙨 !

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