Lors du Conseil communautaire du 2 octobre dernier, je suis intervenu sur la question du Schéma départemental d’accueil des gens du voyage afin d’expliquer le vote des élus de Blénod.
Quelques jours auparavant, lors du Conseil municipal du 22 septembre, nous avions majoritairement fait le choix de voter favorablement sur ce schéma. Mais les événements survenus à Blénod le 29 septembre nous ont conduits à revoir notre position.
Ce changement de vote ne traduit ni un refus de l’accueil des gens du voyage, ni une remise en cause de la solidarité qui doit s’exercer sur notre territoire. Il traduit une exigence simple : on ne peut pas demander aux communes d’assumer leurs responsabilités si, lorsque les difficultés surviennent, l’État et l’intercommunalité ne sont pas pleinement au rendez-vous.
Nous restons attachés au principe de l’accueil
Lors du Conseil municipal du 22 septembre, nous avions majoritairement voté en faveur du nouveau schéma départemental.
Nous soutenions notamment le développement des terrains familiaux locatifs. C’est une réponse nécessaire pour permettre aux familles durablement installées sur notre territoire de disposer de conditions de vie dignes et adaptées.
Cette position n’a pas changé.
Nous considérons que l’accueil doit être organisé, accompagné et pensé dans la durée. C’est précisément en apportant des solutions concrètes que l’on peut éviter les situations de tension et permettre à chacun de trouver sa place dans le respect des mêmes règles.
Le 29 septembre a mis en évidence les limites du système
Quelques jours après notre vote, Blénod a été confrontée à une nouvelle installation illégale.
La Police municipale et la Police nationale sont rapidement intervenues. Le maire s’est également rendu sur place afin de rechercher une solution.
Les occupants demandaient l’ouverture de l’aire de grand passage et indiquaient que, sans cette possibilité, ils s’installeraient durablement.
Une procédure judiciaire aurait nécessité plus de 48 heures et risquait par ailleurs de compromettre l’organisation d’Octobre Rose prévue le dimanche suivant.
Cette situation a surtout démontré une chose : lorsqu’une commune se retrouve confrontée à une difficulté concrète, elle doit pouvoir compter immédiatement sur les services de l’État et sur l’intercommunalité.
Une aire disponible doit pouvoir être utilisée
À Blénod, une aire de grand passage existe.
Notre commune a accepté de mettre des terrains à disposition pour permettre sa création et apporter une réponse à une problématique qui existe depuis plus de vingt ans sur notre bassin de vie.
Le 29 septembre, cette aire était disponible.
Pourtant, son ouverture n’a pas été immédiate. Plusieurs heures de discussions et de démarches ont été nécessaires avant de parvenir à une solution, au point que le maire a dû prendre lui-même l’initiative de mandater un prestataire pour permettre son ouverture.
Ce fonctionnement n’est satisfaisant pour personne.
Lorsqu’un équipement existe précisément pour répondre à une telle situation et qu’il est disponible, nous devons être capables collectivement de le mobiliser rapidement, sans parcours administratif interminable.
La solidarité doit aller de pair avec les moyens d’agir
Nous sommes attachés à la solidarité. Mais la solidarité ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des communes et de leurs habitants.
L’État, les collectivités et l’intercommunalité doivent travailler ensemble et prendre chacun leur part de responsabilité.
Les maires et les élus locaux sont souvent en première ligne. Ils connaissent leur territoire, dialoguent avec les habitants et doivent gérer les situations d’urgence. Ils ont donc besoin de services publics disposant des moyens nécessaires et de procédures permettant d’agir rapidement.
L’épisode du 29 septembre a montré le décalage qui peut parfois exister entre les dispositifs prévus sur le papier et la réalité vécue sur le terrain.
Et ce qui s’est produit à Blénod pourrait demain se produire dans une autre commune.
Accueillir dignement et faire respecter les règles
Ces deux principes ne sont pas contradictoires.
Nous pouvons défendre un accueil digne des gens du voyage tout en demandant que les règles communes soient respectées.
Nous pouvons développer des terrains familiaux adaptés tout en refusant que les communes soient laissées seules face aux installations illégales.
Nous pouvons défendre la solidarité tout en exigeant de l’État et de l’intercommunalité qu’ils assument pleinement leurs responsabilités.
C’est le sens du vote exprimé par les élus de Blénod lors du Conseil communautaire.
Notre commune continuera à prendre sa part et à contribuer à la recherche de solutions. Mais cette responsabilité doit être collective.
Lorsque les communes assument leurs responsabilités, l’État et l’intercommunalité doivent, eux aussi, assumer pleinement les leurs.
C’est à cette condition que nous pourrons construire des solutions durables, respectueuses des familles accueillies, des habitants et de l’ensemble des communes de notre territoire.
Mon intervention lors du Conseil Communataire.





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